Huiles de CBD, infusions, fleurs à fumer, liquides pour cigarettes électroniques… L’offre autour du cannabidiol est vaste et souvent déroutante. Beaucoup de consommateurs et consommatrices pensent que le CBD est légal « sans restriction ». La réalité est bien plus nuancée. En Belgique, tout ce qui contient du CBD n’est pas autorisé, loin de là.
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CBD et cannabis : un cadre légal précis
Le cannabidiol, ou CBD, est une substance naturellement présente dans le cannabis. Contrairement au THC, il n’a pas d’effet psychotrope. Cette distinction est essentielle, mais elle ne suffit pas à rendre tous les produits légaux. La loi ne se base pas uniquement sur la molécule, mais aussi sur l’usage, la forme du produit et son mode de commercialisation.
Le CBD peut être extrait de la plante ou fabriqué de manière synthétique. Cela ne change rien au cadre légal applicable aux produits finis.
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Ce qui est autorisé en Belgique
Certaines formes de CBD sont bien légales. Les préparations magistrales réalisées en pharmacie, sur prescription médicale, peuvent être utilisées par voie orale à des fins thérapeutiques. Un médicament à base de CBD, l’Epidyolex, est également autorisé pour des indications médicales précises, notamment certaines formes rares d’épilepsie.
Les produits cosmétiques contenant du CBD, comme les crèmes ou gels à usage externe, sont autorisés, à condition de respecter la législation cosmétique. Il existe aussi des produits à base de plante contenant du CBD destinés à être fumés, pour autant que leur teneur en THC reste inférieure à 0,3 %.
Ce qui est interdit, malgré leur popularité
Contrairement à ce que l’on voit souvent en magasin ou en ligne, le CBD est interdit dans les denrées alimentaires. Cela concerne notamment les huiles de CBD vendues comme compléments alimentaires, les thés et infusions au CBD, ainsi que tous les produits à ingérer. Les autorités estiment que la sécurité du CBD dans l’alimentation n’est pas suffisamment établie.
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Les e-liquides au CBD pour cigarettes électroniques et vapes sont également interdits. Ils font régulièrement l’objet d’alertes des autorités sanitaires, malgré leur présence persistante sur le marché.
Le saviez-vous ? Lorsque certaines huiles affichent la mention « impropre à la consommation », il s’agit d’une stratégie juridique des fabricants pour contourner l’interdiction, sans pour autant rendre leur usage oral légal.
Pourquoi ces restrictions existent
En 2022, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a souligné qu’il subsistait de nombreuses zones d’ombre concernant la sécurité du CBD, notamment sur le foie, le système digestif, le système endocrinien et les tissus nerveux. Les données sont encore insuffisantes pour garantir une consommation sans risque, surtout sur le long terme.
À cela s’ajoute l’absence de contrôle indépendant pour de nombreux produits vendus en ligne ou en boutique spécialisée. Des analyses ont déjà montré que certaines huiles contenaient beaucoup moins de CBD que ce qui était indiqué sur l’étiquette.
Un marché légalement flou pour le consommateur ou la consommatrice
Le CBD est donc légal à l’achat dans certaines formes, mais strictement encadré dans ses usages. Le simple fait qu’un produit soit vendu librement ne signifie pas qu’il soit autorisé à être consommé. Cette zone grise entretient une confusion qui profite surtout aux vendeurs et vendeuses.


